
Il y a quelque chose d'enivrant dans les (re)démarrages.
Vous connaissez cette énergie du début de printemps ?
Ce moment où l'on sort les outils du garage, où l'on planifie, où l'on trace des lignes sur le sol avec un bâton en imaginant déjà les récoltes.
Tout semble possible.
Le sol est vierge,
la motivation est là,
les graines sont neuves.
En business, c'est souvent janvier.
Ou septembre.
Ou après une période difficile.
Ou après une semaine de vacances qui a remis les idées en place.
On repart.
On relance.
On réorganise.
C'est bien.
C'est même nécessaire.
Mais voilà le truc que le jardinier expérimenté sait et que l'entrepreneur enthousiaste oublie souvent: le sol qui produit le mieux n'est pas celui qu'on travaille le plus.
C'est celui qu'on travaille bien.
Avec les bons gestes.
Dans le bon ordre.
Au bon moment.
Et parfois, le meilleur geste, c'est de ne rien faire.
Ou plutôt, de laisser faire.
Au potager comme en business, la tentation est grande de tout planter en même temps.
Tomates, courgettes, haricots, carottes, basilic, fleurs comestibles... pourquoi choisir ?
On a la place, on a les graines, on a l'envie.
Sauf que chaque légume a sa saison.
Ses besoins.
Son espace.
Planter des tomates en février sous nos latitudes, c'est s'assurer une déception.
Planter trop serré, c'est condamner les plants à se concurrencer jusqu'à l'épuisement mutuel.
En business, ce syndrome du "tout en même temps" ressemble à ça : lancer une nouvelle offre, refondre son site, démarrer une newsletter, rejoindre trois réseaux, développer une formation vidéo, créer un outil physique.
En même temps.
Avec la même énergie censée tout alimenter.
Le résultat ?
Des pousses fragiles partout, aucune qui prend vraiment racine.
La question à se poser: "qu'est-ce qui est prêt à pousser maintenant, dans mon sol, avec mon énergie disponible ?"
C'est une question de timing autant que de contenu.
Et de connaissance de soi — de son rythme, de ses cycles, de ce qui l'épuise et de ce qui la nourrit.
Voilà le point que la culture de la productivité nous a appris à détester.
La jachère, dans l'agriculture traditionnelle, c'est la décision délibérée de laisser une parcelle au repos. Parce que le sol a besoin de récupérer ses nutriments pour produire encore.
Un sol épuisé donne des récoltes médiocres, même avec les meilleures graines et le meilleur engrais du monde.
En business, la jachère peut ressembler à une période sans lancement, sans grande initiative visible.
Parfois une saison sans croissance apparente.
Parfois quelques mois où l'on travaille moins, où l'on réfléchit plus, où l'on laisse certains projets en suspens.
La plupart du temps, on vit ça comme un échec.
Comme un manque de discipline, de motivation, d'ambition.
Rarement comme une stratégie.
Et pourtant.
Les périodes de pause active — celles où l'on observe, où l'on digère, où l'on laisse les choses décanter — sont souvent celles qui précèdent les changements les plus nets.
Celle qui a permis de voir clairement ce qui méritait d'être continué et ce qui devait être abandonné.
La question à se poser: "est-ce que mon sol est encore capable de produire quelque chose de bon?"
Si la réponse est non — c'est peut-être le moment de mettre la parcelle au repos.
Temporairement.
Délibérément.
Avec l'intention claire de revenir.
Ou pas.
Voici ce que la culture de la réussite visible nous cache soigneusement : certaines récoltes sont catastrophiques.
Sécheresse.
Limaces.
Gel tardif.
Mauvais calcul sur les variétés.
Maladie qui se propage.
Il y a des années de potager où l'on récolte moins que ce qu'on a semé.
Et ça fait partie du jeu.
Ce que le jardinier sensé fait avec les plants malades, les légumes abîmés, les tiges mortes ?
Il les composte.
Il les retourne dans la terre.
Il en fait de l'humus, c'est-à-dire exactement ce qui va nourrir la prochaine saison.
En business, le compost c'est ce qu'on fait avec les projets qui n'ont pas marché, les offres qu'on a arrêtées, les lancements qui ont sous-performé.
Pas les jeter à la poubelle en honte.
Pas les ressortir intacts en espérant que ça marche mieux cette fois.
Les composter.
Les analyser.
En extraire ce qui était juste (la vision, l'intuition, le besoin réel identifié) et laisser pourrir ce qui était faux (le timing, le format, le positionnement, le prix).
Un challenge de 5 jours qui n'a pas converti peut devenir la base d'un outil payant plus solide. Un format de coaching épuisant peut révéler ce qu'on veut vraiment livrer — des audits concrets, des rapports, des outils activables.
Un réseau qui n'a pas fonctionné peut clarifier exactement quel réseau aurait du sens.
Le compost prend du temps.
Mais il enrichit.
Puis, il y a une saison que les entrepreneurs ont tendance à zapper : l'automne.
L'automne au potager, c'est le moment de ranger, de nettoyer, de retirer les plants épuisés, de noter ce qui a bien poussé et ce qui a déçu.
C'est aussi le moment de décider ce qu'on sèmera en sur-semis pour que ça parte tôt l'année prochaine, et ce qu'on abandonnera définitivement.
Ce bilan honnête est inconfortable.
Il oblige à regarder les vraies données, pas celles qu'on aimerait avoir.
Les offres qui se sont vendues facilement et celles qui ont demandé dix fois plus d'énergie pour deux fois moins de résultat.
Les clients qu'on a adorés et ceux qui ont tout compliqué.
Les projets qui ont nourri et ceux qui ont épuisé.
Quelques questions pour l'automne de votre business :
Quelles récoltes ont été vraiment satisfaisantes cette année — en termes de revenus, mais aussi de plaisir et d'énergie ?
Quelles parcelles ont produit peu malgré beaucoup d'effort ?
Qu'est-ce que vous avez planté par obligation ou par peur de manquer, plutôt que par vraie envie ?
Et si vous pouviez ne garder que trois parcelles l'année prochaine, lesquelles choisiriez-vous ?
Ce bilan-là n'a rien de sentimental.
Il est stratégique.
C'est lui qui détermine où va l'énergie de la prochaine saison.
Début 2026, deux nouvelles parcelles ont été ouvertes dans mon potager.
La première s'appelle CIELF — Communauté Internationale des Entrepreneurs et Leaders Francophones. Une ASBL fondée avec Geneviève Collard, avec qui je suis amie depuis trente ans. L'idée de départ est simple et solide : trop d'entrepreneurs francophones brillants restent coincés dans leur zone géographique, faute de réseau, de confiance ou de connexions. CIELF crée les ponts — entre la Belgique, la France, la Suisse, le Québec, l'Afrique francophone. Ce n'est pas un énième groupe LinkedIn. C'est une communauté sélective, exigeante, qui tire vers le haut et crée des opportunités concrètes.
La deuxième s'appelle Kif'My Business.
Un parcours qui part de qui vous êtes vraiment — vos Archétypes Financiers, votre façon de fonctionner avec l'argent et les décisions — pour aller jusqu'aux outils qui font tourner votre business au quotidien.
Blueprint pour comprendre et valider le modèle.
Lab pour choisir les bons outils dans le bon ordre.
Studio pour construire et maintenir.
Sans morceau manquant, sans vous lâcher en cours de route.
Ces deux projets ne sont pas tombés du ciel.
Ils sont le résultat de plusieurs saisons d'observation, de compostage, de bilan d'automne.
Des questions qui revenaient en boucle dans mes conversations avec des entrepreneures — "pourquoi je reste coincée dans ma zone géographique ?", "pourquoi je n'arrive pas à faire le lien entre qui je suis et les outils que j'utilise ?" —
auxquelles je n'avais pas encore de réponse structurée.
Maintenant, j'en ai une.
Mais comme au potager, les nouvelles graines demandent du soin.
On ne sait pas encore exactement ce qu'elles vont donner.
On observe.
On ajuste.
On arrose sans noyer.
Et on fait confiance au sol qu'on a pris le temps de préparer.
Où en êtes-vous dans le cycle de votre potager ?
En train de semer tout feu tout flamme ?
En pleine récolte ?
En jachère assumée ou subie ?
En train de composter une saison difficile ?
Si vous sentez que votre sol mérite un regard extérieur avant de planter quoi que ce soit de nouveau, c'est exactement ce que propose le Blueprint Kif'My Business : partir de qui vous êtes pour construire ce qui tient vraiment. CONTACTEZ-MOI (juliette@chenillepapillon.be) et on en parle !
Si vous ne connaissez pas encore vos Archétypes Financiers®, à la base de tout ce que vous faites dans votre business (et dans votre vie), découvrez les ici:
Et si c'est votre relation à l'argent qui coince quelque part dans le cycle — pas le sol, mais le jardinier — le Test Saboteurs Financiers est un bon premier pas pour identifier ce qui prend le volant à votre place.
Sources
Concept original publié en mars 2020 sur l'ancien blog de Chenille Papillon — révisé et mis à jour en 2026.
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